MUR DE LUMIÈRE
Quand tu lèves les yeux pour scruter le haut de la falaise tu éprouves comme un vertige en même temps que la joie.
Élévation et effondrement. Tu sais que tu es fait de ça, toi aussi. Toi, si insignifiant devant l’immensité de ce mur.
Gloire et misère. Ce monde, plus exactement ce continent, semble naître et mourir ici même. Comme si le vent et la mer avait mis à nu ce que les hommes savent depuis toujours mais ne veulent s’avouer : nous ne sommes qu’une espèce passagère. La coupe vive dans les couches géologiques millénaires nous le rappelle avec force.
Nous sommes bouleversé par la beauté d’un lieu parce qu’il nous dépasse, parce que ce dépassement nous fait sentir plus intensément que nous faisons partie d’un » grand tout « .
Je me baisse et je ramasse un silex plus ancien que les premières mains dessinées sur d’autres parois.
Être ici, devant ces falaises est un privilège et j’essaie de retenir cette émotion. Des dessins, des aquarelles faites in situ et dans un deuxième temps, temps de transposition à l’atelier, des peintures souvent plus vastes et des sculptures en plâtre.
Aller-retour constant entre le lieu d’observation et celui de l’imagination comme si ce mouvement de balancier me permettait de rester toujours en quête…
